Preuve de livraison : documenter la remise
Publié le 3 septembre 2026
La marchandise est arrivée abîmée. Le destinataire l’affirme, le transporteur soutient qu’elle est partie intacte, l’expéditeur ne sait pas qui croire. Chacun a des photos, personne n’a de date opposable, et le litige se règle au rapport de force commercial plutôt qu’aux pièces.
C’est le scénario ordinaire, et il tient à une lacune simple : l’état de la marchandise au moment précis de la remise n’a été enregistré par personne d’une manière que les trois parties acceptent.
Le document de transport, et ce qu’il ne dit pas
La lettre de voiture accompagne l’envoi et identifie les parties, la marchandise et les conditions du transport. Le protocole additionnel à la convention CMR a ouvert la voie à sa version électronique, et le règlement (UE) 2020/1056 sur les informations électroniques relatives au transport de marchandises impose aux autorités compétentes d’accepter ces informations sous forme électronique lorsqu’elles sont transmises via une plateforme certifiée.
Précisons le périmètre : TrueScreen n’est pas une plateforme eFTI certifiée et ne transmet pas d’informations réglementaires aux autorités. Ce document et cette réglementation encadrent la circulation des données du transport. Ils ne traitent pas de la question qui alimente les litiges, qui est l’état physique constaté au moment de la remise.
Une réserve inscrite sur un document de transport est une déclaration. Elle peut être contestée dans son contenu comme dans sa date, et elle décrit rarement l’état avec la précision qu’exigerait une expertise ultérieure.
Les trois moments où la preuve se perd
Au chargement. Si l’état de départ n’est pas documenté, aucune comparaison n’est possible à l’arrivée. C’est le point le plus souvent négligé, parce qu’à ce stade rien ne va mal.
À la remise. Le moment est bref, souvent sous pression, et les réserves se rédigent à la hâte. Une photo prise dans ces conditions circule ensuite par messagerie, ce qui lui fait perdre ses métadonnées.
Après. Le dommage se découvre au déballage, parfois des jours plus tard. Le lien entre l’état constaté et le transport devient alors la question centrale, et il se démontre uniquement par ce qui a été enregistré avant.
Ce qu’il faut enregistrer, et sous quelle forme
Quatre éléments, tous produits au moment de l’opération, aucun reconstituable ensuite.
L’état visible. Vue d’ensemble puis détails, avec un repère identifiable, numéro de colis, plaque, quai. Une série cohérente vaut mieux qu’une image isolée.
L’instant. Pas la date affichée par l’appareil, qui vient d’une horloge réglable, mais un horodatage qualifié délivré par un tiers.
L’intégrité. Une empreinte cryptographique calculée sur les fichiers, qui rend détectable toute modification ultérieure.
Le lien avec l’envoi. La référence de transport, rattachée à l’acquisition plutôt qu’ajoutée après coup.
Le droit français reconnaît explicitement les instruments correspondants. Le décret n° 2016-1673 du 5 décembre 2016, pris pour l’application de l’article 1379 du code civil, dispose que l’intégrité d’une copie est attestée par une empreinte électronique rendant détectable toute modification ultérieure, et que cette condition est présumée remplie par l’usage d’un horodatage qualifié, d’un cachet électronique qualifié ou d’une signature électronique qualifiée. L’article 1366 du code civil pose l’exigence générale d’identification et d’intégrité.
Pourquoi cela change le rapport entre les parties
Une pièce vérifiable par un tiers a un effet que les photos ordinaires n’ont pas : elle est contrôlable par celui à qui on l’oppose, sans lui demander de faire confiance.
Le destinataire peut recalculer l’empreinte et vérifier l’horodatage lui-même. Le transporteur aussi. L’assureur aussi. Le débat cesse de porter sur la crédibilité respective des parties et se déplace vers ce que les images montrent, qui est la seule question utile.
C’est également ce qui rend le dispositif acceptable par les trois côtés de la relation : personne ne dépend des journaux internes d’un autre. Le vérificateur public permet ce contrôle sans compte ni installation.
Mettre en place sans alourdir l’exploitation
Commencez par les flux à risque. Marchandises fragiles, valeur élevée, destinataires avec un historique de réserves. Tout certifier n’est ni nécessaire ni tenable.
Intégrez au geste existant. Le conducteur photographie déjà. La différence est l’outil utilisé, pas une étape en plus.
Documentez les deux extrémités. Un état d’arrivée sans état de départ ne prouve pas l’origine du dommage.
Faites circuler le dossier, pas les fichiers. Une image renvoyée par messagerie perd ses métadonnées ; le dossier certifié conserve son contrôle.
Les cas d’usage lettre de voiture certifiée et expéditions certifiées décrivent la séquence complète, et la certification de photo couvre la prise de vue sur le terrain.
Questions fréquentes
Qu’est-ce qu’une preuve de livraison opposable ?
Une photo prise au déchargement suffit-elle ?
TrueScreen remplace-t-elle la lettre de voiture électronique ?
Faut-il certifier au départ comme à l’arrivée ?
Le destinataire peut-il vérifier la pièce lui-même ?
L’état au moment de la remise, démontrable par les trois parties
Avec TrueScreen, les photos de chargement et de livraison sont scellées sur place avec une empreinte cryptographique, un horodatage qualifié et une chaîne de conservation que chacun peut contrôler.
